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Les Ardentes /Jour 3

Le troisième jour des Ardentes… était une journée maudite.
Non sérieusement, cette journée c’était la lose 80% du temps. Pour poser un peu le contexte : j’étais totalement claqué des deux énormes journées précédentes (et non, je ne carbure pas à la coke). Debout à 6h30 pour faire le bénévole jusqu’à midi (même si ce n’était pas très fatiguant, j’avoue). Mon pied droit partait en couille et la croix-rouge qui me refile un dafalgan alors qu’il était vraiment en train de tomber. ET SURTOUT le seul groupe que je voulais vraiment voir de la journée tout d’abord annulé pour panne de courant et ensuite reprogrammé sans que j’en sois informé, j’en pleure toujours.
Du coup, très rapide review du samedi parce que, LA HAINE.

Dan San

Toujours sceptique quant à l’intérêt de leur album studio (…) c’est une très bonne surprise que je découvre en live un groupe sans aucune prétention et très frais.

Pour imager un peu l’expérience, je trouve que la métaphore d’une petite barque est parfaite. Imaginez une toute petite barque emportant de nombreuses personnes et encore plus d’instruments se faire balloter par le courant. Courant ni trop fort ni trop faible, juste ce qu’il faut pour naviguer rapidement mais sans risque.

Et Dan San en live, c’est ça : un moment ni trop paisible ni trop violent qui nous emporte le temps d’un estuaire et d’où l’on sort content sans être abimé.

Avec des musiques intimistes et pourtant très aérienne (maritime ?), des voix qui transposent les paroles après le son en lui même et une émotion tout en légèreté, Dan San surprend et réussit même à faire oublier l’album studio insipide.

Joli à voir et à entendre.

Andi Almqvist

Avec un dernier album « Glimmer » absolument envoutant ; évoquant des cafés brumeux, des rues sombres aux lampadaires défectueux et des amours noyés dans un café trop noir, Andi Almqvist accompagné sur cet album de nombreux instruments étranges et mystiques (glockenspiel, omnichord,…) arrive sur scène seul, une guitare à la main. D’une tristesse accablante, sa prestation est totalement vide : ce qui faisait la magie de sa musique s’était envolé dans les affres d’un guitare-voix sans relief ni âme.

Se concentrer sur l’album qui en vaut vraiment la peine. Sleeping Pills, les rues sombres. She Lost The Sea But Found The Ocean, l’amour noyé. Amsterdam, les cafés embrumés. Death, la désillusion. Krautobahn, le rock plein de cernes. Krumlov, la poussière sur le meuble ancien. Petra Moved On, le café noir.

Aucun clip de l’album en ligne sur internet donc. Télécharger l’album ici (si vous aimez, achetez).

Tunng

Des hippies, je me suis fait chier. (Désolé).

Yacht

Yacht (Young Americans Challeging High Technology) en live c’est tout un phénomène.

Un véritable spectacle sonore, des artifices dans tous les sons et des chants véritablement intriguant.

Melé à cela l’attitude plutôt explicite d’une chanteuse déchainée, et c’est gagné, tout le monde remue son popotin sur une electro simple, acidulée et entrainante.

Plutôt cool mais sans réelle accroche.

Everlast

Et c’est là, à cet instant précis de la journée que je me rends compte que j’aurais vraiment dû rester dans ma tente.
Everlast, surtout connu en tant que leader de la Coka Nostra est annulé. Panne de courant dans les deux salles, il n’y a plus que le plein air qui fonctionne. Plein air où jouait à ce moment là Charlotte Gainsbourg. Très dur choix dès la base de sacrifier Charlotte pour Everlast, c’était encore plus dur d’attendre que le courant soit rétablit et qu’Everlast vienne sur scène pour jouer sa musique pleine de goudron. Pire encore d’apprendre son annulation quelques minutes avant la fin de Charlotte Gainsbourg. C’était donc une double perte. Mais le pire,… le pire c’est d’apprendre le lendemain que finalement Everlast a joué plus tard. D’AILLEURS J’AI DE NOUVEAU LA HAINE, c’est tout pour le troisième jour, je me barre dans ma tente, salut.

Photographie Dan San : Nicolas Moors
Photographie Yacht : Goldo

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Current 93 – Haunted Waves, Moving Graves

Comme moi, vous recherchez depuis longtemps une musique d’ambiance pour vos lectures aux heures les plus sombres de la nuit ? Une musique taillée pour l’obscurité et pour la lumière chancelante d’une bougie ? Pour l’odeur du papier et pour le bruissement des feuilles ?

Avec Haunted Waves, Moving Graves, Current 93 (l’immense David Tibet) propose l’espace de deux pistes (pour quand même une heure de musique !) des paysages brumeux alternant forêts, marécages et landes désertes. Une lente symphonie à l’honneur des vents nocturnes à écouter tard dans la nuit pour un voyage entre deux mondes.

Téléchargement ici.

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White Night

tunnel

Je les vois, tous autour de moi. Ils me fixent, me hantent, me maudissent. Les yeux en sang, la rétine bouillie dans un bain marie d’alcool et de stupéfiants je suis rongé par le froid. Ils m’oppressent, m’accusent. Leurs doigts transparents me pointent et me poignardent en un millier de fix. Je n’ai plus le temps, il n’y a plus que la pression artérielle et leurs lèvres noires de sang coagulé qui comptent.

Le temps est suspendu par les roulements de tambours indiens, dans la moiteur de la fièvre et dans la rigidité du froid j’attends le jugement ultime. Leur maître est devant moi. Chef des morts, Gourou des survivants, Dieu des abimés, il a les cornes du bouc et les dents de la chauve-souris. Vêtu de sa robe cérémonielle rouge il m’interroge de son silence entendu. Mon corps se lève et plonge dans la marée noire de sentiments nauséabonds, de sentiments humains. De sa folie vertigineuse il en appelle à toutes les forces présentes, il en appelle à la mort et à la jouissance. Il invoque les maléfices du divin, la perfidie du salvateur et le sacrifice du christ pour faire de moi le réceptacle de sa semence.

Chaque veine est une cicatrice, chaque ecchymose une lutte contre la vie, chaque voyage un malaise. Je suis encore plus terne que le miroir. Plus mort que vivant, plus vide que plein, plus dément que débauché. Il est toujours devant moi. Ses cornes brillent et ses serviteurs l’adulent. Des voix rauques se mêlent aux tambours et dans une danse convulsive, ils se joignent à lui pour me porter toujours plus bas dans l’abime, au creux de la terre, à la racine de l’opium.

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