Avec une electro aux confluents du rock et de la pop Delphic fait bouger l’arrière train sans oublier de provoquer la déferlante intérieure qui fait de la musique ce qu’il y a de plus émotionnel.

Acolyte, « le premier grand album de 2010″ (Lou Thomas) et « flirtant avec la magnificence » (The Independent) sortit le 11 janvier 2009 annonce l’avènement de la nouvelle génération d’electro dansante à l’atmosphère aérienne et hédoniste presque nostalgique, incarnée par les immenses New Order.
Influencé ? Oui. Relève ? Non.
En effet, la vague lancée début 80 par New Order et Gang Of Four (pour ne citer qu’eux) et qui se prolonge début du second millénaire avec Modular ou LCD SoundSystem s’estompe et perd en qualité.
Les souvenirs d’une grande époque, la qualification de retro à un style pas si vieux que ça rend l’influence très à la mode. On notera l’émergence des très hypes Klaxons et pourtant passablement mauvais et d’un tas d’autre groupe pompeur et pompant réajustant les vielles formules pour passer à la radio, distraire quelques minutes et se faire oublier aussitôt.
Delphic sort donc son premier album dans cette ambiance où le genre est à la mode, où les références avec les groupes fondateurs et mythiques sont faciles et où c’est souvent du pré-maché, du pré-cuit. Mais nous ne sommes pas dupes hein, nous on connait leur combine, on dénigre et on se cramponne à nos vinyles, parce que de toute façon c’était mieux avant.
Et bien non, pas forcément. Alors on se déride, on ouvre les pavillons et on passe sur l’iTunes Store pour télécharger l’album, parce qu’en plus d’être jeune dans notre tête et de payer sa musique on est ouvert d’esprit et on aime la nouveauté. Et se faire sa propre opinion, sans apriori, surtout.
Lecture.
Il suffit de quelques minutes pour voir emportées toutes nos craintes et toutes nos médisances. La première chanson (Clarion Call) annonce le ton et nous en fait voir de toutes les couleurs. Du haut, du bas, du triste, du las, du joyeux et du frénétique. La voix et la guitare se marie parfaitement avec la rythmique électronique constituant un ensemble homogène où il fait bon être malgré les secousses.
L’introduction finie, la réaction chimique complétée, on peut commencer le vrai voyage. Regroupant tous les symptômes de l’album ; la cocaïne (Counterpoint), la mescaline (Red Lights) et le valium (Ephemera) ; la seconde piste et le titre phare du disque (Doubt) termine de nous convaincre après seulement sept minutes d’écoute.
S’en suit This Momentary, Halcyon, Submission et Acolyte qui nous font découvrir que le genre n’a pas de frontières et que les limites n’existent pas pour se conclure sur un hommage implicite et personnel à leur source, New Order (Remain).
[ALBUM] N’oubliez pas d’acheter si vous aimez !